Hubert Dupont, a summit of poetry

Dupont is far from being an unknown on the European improvised music scene, a jazz bassist who worked with passion in the 1980s and 1990s. But H. D., also a master of electric bass, then opened up to the Afro-Parisian scene (Caribbean effluvia found here and there in Ultraboles), as well as to the experimentations of young Turks sailing between improvised and contemporary music, notably within the Hask nebula (B. Delbecq, S. Payen, Thôt, etc…). Here, nothing to see or almost: H. Dupont alone facing himself, alone facing the listener… The double bass solo is a formidable and feared exercise. Few have ventured into it, and even the immense Jean-François Jenny-Clark (who died in 1998) – Hubert Dupont’s absolute reference, who dedicates a piece to him (J-F-lodic) – has always feigned not to have to present an entirely solo record during his lifetime: a live take published quite recently (the staggering Solo, La Buissonne, 2003) managed to thwart J.-F.’s plans post-mortem

Here we find the same concern for construction around complex formulas (very sure left hand), combined with a desire to distort, disturb phrases and harmonic sequences that are too obvious: the perilous interpretation of the Monkian theme Crepuscule with Nellie is from this point of view a success, as is that of the Delbecquian Four String Suite. The bowed pieces are, on the whole, less convincing, underlining the ambivalence of an instrument with no established classical tradition. Perhaps it takes the violently emotional art of a Bruno Chevillon (or J.-F, of course) to manage to cut even deeper and more accurately into the depths of double bass sensations: the live solo performances of B. Chevillon thus constitute, for the few privileged ones who have been able to attend them, a summit of poetry that Hubert Dupont approaches, without really reaching it in this disc nevertheless quite seductive.


Dupont est loin d’être un inconnu de la scène des musiques improvisées européennes, contrebassiste de jazz ayant oeuvré avec passion dans les années 1980 et 1990. Mais H. D., également maître ès basse électrique, s’est alors ouvert à la scène afro-parisienne (effluves caribéennes qu’on retrouve par-ci par-là dans Ultraboles), ainsi qu’aux expérimentations de jeunes Turcs voguant entre musiques improvisées et musique contemporaine, au sein notamment de la nébuleuse Hask (B. Delbecq, S. Payen, Thôt, etc…). Ici, rien à voir ou presque : H. Dupont seul face à lui-même, seul face à l’auditeur… Le solo de contrebasse est un exercice redoutable et redouté. Peu s’y sont risqués, et même l’immense Jean-François Jenny-Clark (mort en 1998) – référence absolue d’Hubert Dupont, qui lui dédie un morceau (J-F-lodic) – a toujours feinté pour ne pas avoir à présenter de disque intégralement solo de son vivant : une prise live publiée assez récemment (le sidérant Solo, La Buissonne, 2003) est parvenue à déjouer post-mortem les plans de J.-F.

On retrouve ici un même souci de la construction autour de formules complexes (main gauche très sûre), conjugué avec un désir de déformer, déranger des phrases et des enchaînements harmoniques trop évidents : l’interprétation périlleuse du thème monkien Crepuscule with Nellie est de ce point de vue une réussite, tout comme celle du delbecquien Four String Suite. Les pièces à l’archet sont, dans l’ensemble, moins convaincantes, soulignant l’ambivalence d’un instrument à l’absence de tradition classique affirmée. Il faut peut-être l’art violemment émotionnel d’un Bruno Chevillon (ou de J.-F, bien sûr) pour parvenir à trancher encore plus profond et juste dans le vif des sensations contrebassistiques : les performances solo live de B. Chevillon constituent ainsi, pour les rares privilégiés qui ont pu y assister, un sommet de poésie qu’Hubert Dupont approche, sans l’atteindre vraiment dans ce disque néanmoins bien séduisant.

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