Chatting with Uwe Schmidt, Atom™, Atom Heart, Señor Coconut

Octopus: What do you look for in collaborations – with Pete Namlook, Burnt Friedman?

Uwe Schmidt: Sometimes I’m looking to be surprised by the other person, but sometimes the collaboration is about your inability to make an idea work on your own. However, it’s always about finding an emotional and personal vibe that connects you to someone else. No matter how talented they are, I’m not interested in working with people without a vibe.

Octopus: You are a prolific composer and musician. You are also a producer, a manager, even a marketing and distribution director… How do you reconcile all these artistic activities with your business functions?

Uwe Schmidt: At some point in my life (very early on), I came to the conclusion that things are best done when you do them yourself. That’s why I prefer to control so many areas related to my work. The business part is probably the only one I really don’t like very much, so I try not to spend too much time there. However, there are a few people who help me in this area as well (management, accounting…). Beyond the business part, all the other segments belong to the same “block” of activities. They are all rather creative activities, and I admit that I enjoy them. Production, mixing, editing, shooting, graphic design (…) are all small parts of the final result, so I think it’s necessary to do them all.

Octopus: The development of your music takes very particular paths, both artistically and commercially. How do you explain this?

Uwe Schmidt: To be honest, I think that these “paths” cannot be understood at the time they are taken; they really appear years later. When I make certain artistic decisions, I have to admit that I don’t know where they come from, and often I can’t explain why some ideas came to fruition while others never did. On the other hand, I think that’s where the magic lies. Yet, if I analyze it, all I can say is that I take the paths that I feel best, both artistically and, to a lesser extent, commercially. However, the business aspect is never the one that leads me to make decisions. It is perhaps rather the question of the balance between certain ideas and their potential repercussions that seems important to me. Many great ideas that are too crazy will never see the light of day, simply because I don’t have the means to realize them. Also, when I make music – and I think this is also part of my personality – I prefer to progress and develop musical ideas rather than rehearse. I like the personal challenge and the surprise, but I’m aware that this restricts my audience to a certain type.

Octopus: Do you feel like a South American composer? What is your relationship with Europe today?

Uwe Schmidt: First of all, I don’t see myself as a South American composer at all! I think the way I absorb South American music – or any other music for that matter – is very German. At the same time, I don’t feel European anymore, and I don’t consider myself a German composer either. Living between all these countries, one loses one’s notions of “motherland” or “home”. This struck me strongly when I first realized it, but over the years I have come to appreciate what I used to call “the foreign perspective. It’s kind of like looking at the planet from the orbit of the moon, without emotional attachment. I can take the elements I love as if I were in space, and incorporate them into my own personal and private language. In this sense, my relationship to Europe is as distant as my relationship to any other place.


Octopus : Que recherchez-vous dans les collaborations – avec Pete Namlook, Burnt Friedman ?

Uwe Schmidt : Parfois, je cherche à être surpris par l’autre, mais parfois, la collaboration tient à votre incapacité à faire aboutir une idée tout seul. Toutefois, il s’agit toujours de trouver une vibration émotionnelle et personnelle qui vous relie à quelqu’un d’autre. Quel que soit leur talent, travailler avec des personnes sans qu’il y ait de vibrations ne m’intéresse pas.

Octopus : Vous êtes un compositeur et un musicien prolifique. Vous êtes également producteur, manager, voire directeur du marketing et de la distribution… Comment conciliez-vous toutes ces activités artistiques avec vos fonctions commerciales ?

Uwe Schmidt : A un moment de ma vie (très tôt), j’étais parvenu à la conclusion que les choses se font au mieux lorsque vous les réalisez vous-même. C’est la raison pour laquelle je préfère contrôler autant de domaines liés à mon travail. La partie commerciale est probablement la seule que je n’aime vraiment pas beaucoup et j’essaie donc de ne pas y passer trop de temps. Cependant, quelques personnes m’aident aussi dans ce domaine (la gestion, la comptabilité…). Au-delà de la partie « business », tous les autres segments appartiennent à un même « bloc » d’activités. Ce sont toutes des activités plutôt créatives, et j’avoue que je les apprécie. La production, le mixage, le montage, les prises de vue, le graphisme (…) ne sont que de toutes petites parties du résultat final et il me semble donc nécessaire de toutes les réaliser.

Octopus : Le développement de votre musique prend des chemins très particuliers, tant au niveau artistique que commercial. Comment l’expliquez-vous ?

Uwe Schmidt : Pour être honnête, je pense que ces « chemins » ne peuvent pas se comprendre au moment où on les emprunte ; ils apparaissent véritablement des années plus tard. Lorsque je prends certaines décisions artistiques, je dois admettre que je ne sais pas d’où elles me viennent et souvent, je ne m’explique pas pourquoi certaines idées ont abouti tandis que d’autres n’ont jamais vu le jour. D’un autre côté, je pense que c’est là que réside toute la magie de la chose. Pourtant, si je l’analyse, tout ce que je peux en dire, c’est que je prends les chemins que je sens le mieux, à la fois d’un point de vue artistique et, dans une moindre mesure, d’un point de vue commercial. Néanmoins, l’aspect commercial n’est jamais celui qui m’amène à prendre des décisions. C’est peut-être plutôt la question de l’équilibre entre certaines idées et leurs retombées potentielles qui me semble importante. Beaucoup de grandes idées bien trop folles ne verront jamais le jour, simplement parce que je n’ai pas les moyens de les réaliser. De plus, quand je fais de la musique – et je pense que cela fait aussi partie de ma personnalité –, je préfère progresser et développer des idées musicales plutôt que de répéter. J’aime le défi personnel et la surprise, mais je suis conscient que cela restreint mon auditoire à un certain type de public.

Octopus : Vous sentez-vous comme un compositeur sud-américain ? Quelles sont vos relations avec l’Europe aujourd’hui ?

Uwe Schmidt : Avant tout, je ne me perçois pas du tout comme un compositeur sud-américain ! Je pense que la manière dont j’absorbe la musique sud-américaine – ou toute autre musique, d’ailleurs – est très allemande. En même temps, je ne me sens plus européen, et je ne me considère pas non plus comme un compositeur allemand. A vivre entre tous ces pays, on en perd ses notions de « mère patrie » ou de « chez soi ». Cela m’a vivement frappé la première fois que je l’ai réalisé, mais avec les années, je me suis mis à apprécier ce que j’appelais « la perspective de l’étranger ». C’est un peu comme regarder la planète depuis l’orbite de la lune, sans attachement émotionnel. Je peux prendre les éléments que j’aime comme si j’étais dans l’espace, pour les incorporer à mon langage personnel et privé. En ce sens, ma relation à l’Europe est aussi distante que ma relation à tout autre endroit.

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