Capillary Action, the confrontational cubist-pop of Jonathan Pfeffer

Who is Capillary Action? Capillary Action is the name under which I and a group of ever-evolving musicians play and record. Everyone involved in Capillary Action is also involved in other projects. The constant turnover in the band gives me the freedom to do what I want, without worrying about everyone’s schedules; it also allows everyone to participate when they want to. What are the previous albums like, and how is So Embarrassing different?

Our first album, Fragments, is essentially a somewhat chaotic collection of demos that I worked on for a year or two. It goes from dynamic, mathy instrumental rock to more contemplative, almost jazzy melodies. Fragments is sometimes quite kitschy, and I could have a number of reservations about it, but I have learned to accept it, precisely for its flaws. Cannibal Impulses is an extremely dense, but brief record, made entirely of samples. It’s twisted, frenetic, and scary to some -my mother hates it-, but I think it offers a lot to sink your teeth into, if you have the patience -or endurance-. The songs unfold in a kind of loose narrative that includes fear, sexuality, and technology; the accompanying DVD -which I’m still working on- will hopefully help clarify all of this. I took the compositional techniques I developed with Cannibal Impulses -especially my experiments with density and timbre- and applied them to the songs on So Embarrassing.

My goal was to write a varied, intense and catchy 30-minute record, with unique song structures, highly personal lyrics and orchestral arrangements. How would you describe the music of Capillary Action ? I like to describe it as thrifty, sadistic avant-pop. I take great pleasure in seeing people squirm with discomfort when we play a part they like only once in a song and then never come back to it. That being said, we have absolutely no intention of playing music that everyone runs away from. Could you tell me about your influences ? So Embarrassing sometimes reminds me of the messy and jubilant experimentations of a John Zorn or a Mike Patton. While I respect John Zorn and Mike Patton, and can understand the resemblance, neither of them are my influences.

Nor is Zappa, for that matter. I think what people hear are shared influences – 60’s free jazz, 20th century classical music – or some superficial stylistic similarities – the use of different genres, musicians who can play their instruments. I wouldn’t mind the comparison if the aesthetics of Zappa, Zorn and Patton weren’t rooted in different emotions than those I’m trying to convey. The records I’ve heard by Zappa, Zorn and Patton are undeniably well thought out and well performed, but they strike me mostly by their humor. There is certainly humor in the music I write, but the subjects I write about seem far more personal and intense than theirs. The music on Capillary Action is a music of contrasts. You work with disparate ideas-rock and metal riffs, jazz licks, cheesy piano-bar lines-and contrast them within the framework of a single piece. What is the common thread in each piece, its guiding principle?

The guiding principle of each piece usually appears when the individual parts are in place and I have a text. I try to fit the structure of the piece to the subject of the song, so that the individual parts support each other. I like to sprinkle my songs with traps; I like it when the listener thinks a passage is going to come back and is ultimately pulled in a completely different direction. I also like to keep my songs short and to the point, so that people can listen to them again and again, and pick up on a few things. Those who are patient enough to work around all the traps and accommodate the brevity of the pieces discover that there are actually rules behind the madness. On a more practical note: can you describe your composition process? I have a million different riffs, melodies and chord progressions in one folder on my computer, and a million ideas for lyrics in another. I listen to each file and look for what parts can go together. From this search comes a loose structure, from which I try to capture the spirit of the song and find appropriate lyrics.

And then I spend hours, days, weeks or even months trying to fit square pegs into round holes – adjusting, deleting, and changing every detail. Even when the song is in the performance stage, I like to keep revising and adjusting its parts here and there. It’s almost like it’s never finished!


Qui est Capillary Action ? Capillary Action est le nom sous lequel moi et un groupe de musiciens toujours en évolution jouons et enregistrons. Tous ceux qui sont impliqués dans Capillary Action font aussi partie d’autres projets. Le renouvellement constant du groupe me donne la liberté de faire ce que je veux, sans me soucier des emplois du temps de chacun ; cela permet aussi à chacun de participer quand il le souhaite. À quoi ressemblent les albums précédents, et en quoi So Embarrassing est-il différent ?

Notre premier album, Fragments, est pour l’essentiel un ensemble un peu chaotique de démos sur lesquelles j’ai travaillé un an ou deux. Il chemine des contrées d’un rock instrumental dynamique et “mathy” à celles de mélodies plus contemplatives, presque jazzy. Fragments est parfois assez kitsch, et je pourrais émettre un certain nombre de réserves à son égard, mais j’ai appris à l’accepter, justement pour ses défauts. Cannibal Impulses est un disque extrêmement dense, mais bref, entièrement constitué de samples. Il est tordu, frénétique, et fait peur à certains -ma mère le déteste-, mais je pense qu’il offre pas mal de choses sur lesquelles se faire les dents, si l’on en a la patience -ou l’endurance. Les chansons s’y déploient en une sorte de narration lâche qui inclut peur, sexualité et technologie ; le DVD qui l’accompagne -sur lequel je travaille encore- aidera, je l’espère, à clarifier tout cela. J’ai repris les technique compositionnelles développée avec Cannibal Impulses -particulièrement mes expérimentations autour de la densité et des timbres-, et je les ai appliquées aux chansons de So Embarrassing.

Mon objectif était d’écrire un disque de 30 minutes varié, intense et accrocheur, sans temps mort, avec des chansons à structure unique, des paroles extrêmement personnelles et des arrangements orchestraux. Comment décrirais-tu la musique de Capillary Action ? J’aime la qualifier d’avant-pop économe et sadique. Je prends un plaisir immense à voir les gens se tortiller d’inconfort lorsque nous jouons une partie qu’ils aiment seulement une fois dans une chanson et n’y revenons plus ensuite. Ceci dit, nous n’avons absolument pas l’intention de jouer une musique que tout le monde fuit. Pourrais-tu me parler de tes influences ? So Embarrassing me fait parfois penser aux expérimentations bordéliques et jubilatoires d’un John Zorn ou d’un Mike Patton. Bien que je respecte John Zorn et Mike Patton, et que je puisse comprendre la ressemblance, ni l’un, ni l’autre ne font partie de mes influences.

Pas non plus que Zappa, d’ailleurs. Je pense que ce que les gens entendent, ce sont des influences partagées -le free jazz des années 60, la musique classique du XXe siècle-, ou certaines similarités stylistiques superficielles -l’utilisation de genres différents, des musiciens qui savent jouer de leur instrument. La comparaison ne me dérangerait pas si l’esthétique de Zappa, Zorn et Patton ne s’enracinait pas dans des émotions différentes de celles que j’essaie de transmettre. Les disques que j’ai entendus de Zappa, Zorn et Patton sont incontestablement bien pensés et bien interprétés, mais ils me frappent surtout par leur humour. Il y a certes de l’humour dans la musique que j’écris, mais les sujets sur lesquels j’écris me semblent bien plus personnels et plus intenses que les leurs. La musique de Capillary Action est une musique de contrastes. Tu travailles avec des idées disparates -des riffs de rock et de métal, des licks de jazz, des lignes mielleuses de piano-bar-, et les fait contraster dans le cadre d’une seule et unique pièce. Quel est le fil rouge de chaque pièce, son principe directeur ?

Le principe directeur de chaque pièce apparaît généralement quand les parties individuelles sont en place et que j’ai un texte. J’essaie d’ajuster la structure de la pièce au sujet de la chanson, de manière à ce que les parties individuelles se supportent les unes les autres. J’aime parsemer mes chansons de pièges ; j’aime quand l’auditeur pense qu’un passage va revenir et qu’il est finalement tiré dans une toute autre direction. J’aime aussi que mes chansons soient courtes et efficaces, afin que les gens puissent les réécouter, et saisir à chaque fois quelques petites choses. Ceux qui sont assez patient pour contourner tous les pièges et s’accommoder de la brièveté des pièces découvrent qu’il y a en réalité des règles derrière cette folie. De manière plus pratique : peux-tu décrire ton processus de composition ? J’ai un million de riffs, de mélodies et de progressions d’accords différents dans un dossier de mon ordinateur, et un million d’idées pour des paroles dans un autre. J’écoute chaque fichier et cherche quelles parties peuvent aller ensemble. De cette recherche résulte une structure lâche, à partir de laquelle j’essaie de saisir l’esprit de la chanson et de trouver des paroles appropriées.

Et puis je passe des heures, des jours, des semaines ou même des mois à essayer d’ajuster des chevilles carrées dans des trous ronds – ajustant, supprimant, et modifiant chaque détail. Même lorsque la chanson en est au stade de l’interprétation, j’aime continuer à réviser et à ajuster ses parties ici et là. C’est presque comme si elle n’était jamais terminée !

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