Amor Fati – every our release is unique both musically and visually

Since 2003, the Amor Fati association has been fighting for the diffusion and promotion of contemporary improvised music from its bastion in Bordeaux. There is no irredentist or secessionist spirit here, because it is with the idea of facilitating relations between innovative artists and a curious public in a geographical area of Aquitaine that some might think is far from the great centers of musical production that the label works so actively. Phonographic publishing (with a whopping 16 records produced and distributed internationally since 2003), live recordings, creation residencies, organization of concerts, meetings in media libraries, sound siestas, sound walks, artistic accompaniment, educational projects, etc., In this arsenal of activities, discographic production obviously plays an important part.

It highlights a large number of musicians and sound artists whose primary vocation is to constantly reinvent the emotional and musical approach that revolves around the notion of musical improvisation, offering a reading that is as unbridled as it is fundamentally iconoclastic. However, and in order to create a link between all these productions, Amor Fati has set about defining an identifiable graphic line and a consistent artwork. Prints limited to 500 copies, cardboard sleeves mixing serigraphies and concern of the unique object by the addition of flat tints of paint, pencils or ink give an account of the extreme singularity of this label and constitute a supplementary point of catching in the search of inspiration which serves as their leitmotiv. Of the peculiarity of the musicians… Beyond this plastic aspect, it is obviously interesting to look at the particularly rich and varied contents of these discs. Some artists perhaps more “mediatized” than the others participate in the adventure. Among them, we find the singer Beñat Achary or the saxophonist Jean-Luc Guionnet.

It is on the project W, realized with the double bass player Benjamin Duboc, that we find the alto saxophonist Jean-Luc Guionnet. A work as poetic as it is strange, W draws the contours of an uneven and bruised dialogue, filled with immersive shadows, filtered silences and plaintive breaths. A jolted record which nevertheless reveals an instrumental intimacy that is almost moving when one goes beyond the rustling opacity that serves as the Ariadne’s thread to this moving work.

Already present on the first reference of the label (the trio Dont Acte, with Sylvain Guérineau on saxophone and Didier Lasserre on drums), the English double bass player Paul Rogers offers a solo and live album on the recent Beings. An obvious opportunity to follow the multiplications of chords and the resonance games – Paul Rogers plays an A.L.L. double bass with seven strings and 14 sympathetic strings -, sometimes low, sometimes screaming, sometimes fingered, sometimes woven by the casual bow of a musical material as sinuous as instinctive, but always fiercely energetic and tense.

The pianist Ronnie Lynn Patterson’s tribute to the martyred city of Guernica – accompanied by Didier Lasserre on drums – on The Guernica Suite is more composed, as much in a stripped down and respectful approach as in an evocative approach to the music of Morton Feldman or John Cage.

More truculent, with its environmentalist rendering that links the instrumental object to sound forms in direct contact with a revisited nature, Dordogne allows trombonist Fabrice Charles and clarinetist Benjamin Bondonneau to draw their inspiration from the source, literally and figuratively. We find Benjamin Bondonneau alongside the renowned saxophonist Daunik Lazro – and double bassist David Chiesa, drummer Didier Lasserre and Laurent Sassi on sound recording – on Humus, Amor Fati’s latest release, with a particularly well-chosen title for an album with edifying organic consonances, seeming to draw its deepest motility from a bubbling of capturing fossil, mineral and vegetal matter.


Depuis 2003, l’association Amor Fati se bat pour la diffusion et la promotion des musiques improvisées contemporaines depuis son bastion bordelais. Nul esprit irrédentiste ou sécessionniste là-dedans car c’est bien avec l’idée de faciliter les relations entre des artistes innovants et un public curieux dans une zone géographique aquitaine que d’aucuns pourraient penser éloigné des grands centres de production musicales que le label travaille aussi activement. Edition phonographique (avec la bagatelle de 16 disques produits et distribués internationalement depuis 2003), enregistrements live, résidences de création, organisation de concerts, rencontres en médiathèque, siestes sonores, promenades sonores, accompagnement artistique, projets pédagogiques, etc., les projets ne manquent pas à l’échelle de la région pour Matthieu Immer et Didier Lasserre, les deux artisans/fondateurs d’un projet dont la vocation interactive et participative se retrouve nationalement dans leur appartenance à la structure indépendante d’édition musicale des Allumés du Jazz. Dans cet arsenal d’activités, la production discographique tient évidemment une part importante.

Elle met en valeur un grand nombre de musiciens et d’artistes sonores dont la vocation première est de réinventer en permanence l’approche émotionnelle et musicale qui gravite autour de la notion d’improvisation musicale, en en offrant une lecture aussi débridée que fondamentalement iconoclaste. Pourtant, et afin de créer un liant entre toutes ces productions, Amor Fati s’est attelé à définir une ligne graphique identifiable et un artwork consistant. Tirages limités à 500 exemplaires, pochettes cartonnées mélangeant sérigraphies et souci de l’objet unique par l’adjonction d’aplats de peinture, de crayonnage ou d’encre rendent compte de l’extrême singularité de ce label et constituent un point d’accroche supplémentaire dans la quête d’inspiration qui leur sert de leitmotiv. De la particularité des musiciens…Au-delà de cet aspect plastique, il est évidemment intéressant de se pencher sur le contenu particulièrement riche et varié de ces disques. Quelques artistes peut-être plus “médiatisés” que les autres participent à l’aventure. Parmi eux, on retrouve notamment le chanteur Beñat Achary ou le saxophoniste Jean-Luc Guionnet.

C’est sur le projet W, réalisé avec le contrebassiste Benjamin Duboc, que l’on retrouve le saxophoniste alto Jean-Luc Guionnet. Œuvre autant poétique qu’étrange, W dresse les contours d’un dialogue accidenté et meurtri, empli d’ombres immersives, de silences filtrés et de respirations plaintives. Un disque heurté qui révèle pourtant une intimité instrumentale presque émouvante quand on dépasse l’opacité bruissante qui sert de fil d’Ariane à cette œuvre mouvante.

Déjà présent sur la première référence du label (le trio Dont Acte, avec Sylvain Guérineau au saxophone et Didier Lasserre à la batterie), le contrebassiste anglais Paul Rogers se fend d’un album solo et live sur le récent Beings. Une occasion manifeste de suivre les démultiplications d’accords et les jeux de résonance – Paul Rogers joue d’une contrebasse A.L.L.à sept cordes et 14 cordes sympathiques -, tantôt graves, tantôt criards, tantôt doigtés, tantôt tissés par l’archet désinvolte d’une matière musicale aussi sinueuse qu’instinctive, mais toujours farouchement énergique et tendue.

Plus posé, l’hommage à la ville martyre de Guernica du pianiste Ronnie Lynn Patterson – accompagné de Didier Lasserre à la batterie – sur The Guernica Suite s’inscrit dans une démarche autant dépouillée et respectueuse qu’évocatrice de la musique d’un Morton Feldman ou d’un John Cage.

Plus truculent, avec son rendu environnementaliste qui relie l’objet instrument à des formes sonores en prise directe avec une nature revisitée, Dordogne permet au tromboniste Fabrice Charles et au clarinettiste Benjamin Bondonneau de puiser leur inspiration à la source, au propre comme au figuré. On retrouve d’ailleurs Benjamin Bondonneau aux côtés du réputé saxophoniste Daunik Lazro – et du contrebassiste David Chiesa, du batteur Didier Lasserre et de Laurent Sassi à la prise son – sur Humus, dernière publication en date d’Amor Fati, au titre particulièrement bien choisi pour un album aux consonances organiques édifiantes, semblant puiser sa motricité profonde dans un bouillonnement de captation de matières fossiles, minérales et végétales.

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